PBK Impulse

Flying around the World

Il est 1h30, mon esprit est aussi brumeux que l’iode qui recouvre Essaouira. Voilà une ville fantastique. Vol, visite, quad, repas, sortie. Le groupe se forme, il est très chouette. L’aérien pour relier les hommes, je n’y avais jamais vraiment cru mais ici, l’adage se révèle. Les pionniers de la Ligne faisaient la fête, buvaient plus que de raison et mordaient la vie à pleines dents avant que, pour beaucoup, la Ligne ne la leur enlève. Nous sommes moins exposés et par conséquent plus raisonnables. Mais l’esprit y est. 

Demain la brume se lèvera sur la côte et dans nos têtes et nous pourrons reprendre la route vers Tarfaya. 

En attendant bonne nuit à tous. 
PS: Patrick a pris 500 photos aujourd’hui. Le tri va prendre un peu de temps!

Les parasites susmentionnés ne réussiront pas à rogner notre enthousiasme. Nous redécollons d’Almeria en direction de Malaga, et côtoyons de larges plaines où la nature a revêtu son blanc manteau hivernal. Palsambleu, mais non! Ce sont en réalité d’intensives cultures qui nous permettent de voir à quoi serre le sud de l’Espagne.


Le passage de Gibraltar est un moment de forte émotion à bord. Le Rocher nous apparaît coiffé de quelques nuages. Le contrôleur anglais – et subséquemment flegmatique – nous autorise aimablement à survoler the Airport of Gibraltar. « Pas plus bas que 500 ft, please, car la route est ouverte. » Virage à gauche, « évitez le survol du port, please », et nos yeux écarquillés dévorent avidement ce dernier morceau d’Europe.

Quelques nautiques plus au Sud nous attend en effet l’Espagne. Plus précisément Ceuta, sa succursale africaine. L’émotion se prolonge; nous sommes en Afrique, les amis! Quelques nuages bas nous obligent à pousser les gaz et à tirer le manche (que nous avons traversée, à deux erreurs d’orthographe et de géographie près). Puis, rapidement, nous passons la frontière marocaine. Cette fois c’est sûr: nous y sommes.

A cette saison, le nord de l’Afrique que nous attendions relativement vert s’avère déjà relativement sec. Nous quittons les côtes pour nous enfoncer quasiment plein sud en direction de Fes, dont l’aéroport nous accueille Royalement avec des pâtisseries et de l’eau fraîche. Les Marocains savent honorer leur tradition de l’accueil. Salamalekum, et choukrane!

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Aujourd’hui, dans un souci d’équité, les équipages les plus lents sont autorisés à partir en premier. C’est donc avec patience que nous regardons nos collègues partir avec une cadence des plus régulières, au rythme de l’avion toutes les 3 minutes.

Nous avons au menu une petite navigation de 130 NM entre Fes et Casablanca Tit Melil qui nous séduit par sa simplicité. La croisière est prévue selon les itinéraires VFR officiels du Maroc, nous laissant ainsi peu de marge de manoeuvre pour « visiter » les plaines   désertiques de la région.

campagne-fes-casaAprès avoir été lâchés par Fes Tower, nous ne tardons pas à rattraper un équipage allié évoluant dans un Cessna 172, 1500 pieds en-dessous de nous. Nous leur proposons sans hésiter de faire un vol en formation et, une orbite plus tard, nous voilà dans leur sillage.

Quelques dizaines de photos plus tard, nous mettons les gaz et nous séparons du F-BVSA.Cessna SAimg_0065.jpg

L’arrivée vers Casa se précise et nous réglons la radio sur Casa radar pour coordonner l’entrée dans leur TMA. La contrôleuse semble un tantinet stressée. Un stress tout à fait légitime puisqu’elle gère sept arrivées IFR en même temps que la vingtaine d’appareils du Raid. Il faut admettre que, contrairement aux contrôleurs français et espagnols qui ont fermé le service d’information de vol à deux reprises, les Marocains n’ont encore jamais failli lors de l’arrivée des avions du Raid.

L’arrivée à Tit Melil se fait sans encombre vers 11h locale et nous sommes accueillis par la direction de l’aéroport avec un apéritif composé de thé à la mente et de pâtisseries diverses.CasablancaAprès le traditionnel contrôle des passeports de la gendarmerie marocaine, nous sautons dans un minibus pour rejoindre notre hôtel.

Nous prenons possession de nos chambres, puis décidons de partir explorer les rues de Casablanca. Nous trouvons rapidement un chauffeur de « grand taxi » (Au Maroc, les grands taxis sont autorisés à prendre quatre passagers, par opposition aux petits taxis qui ne peuvent en prendre que trois) qui se propose de nous accompagner durant l’après-midi. Au terme d’une rapide négociation, nous tombons d’accord sur un prix et nous voilà en route pour Habbous (un quartier proche du palais royal et des souks) afin de nous restaurer. Il faut préciser que notre monture du moment n’est autre qu’une vieille Mercedes ayant au minimum 870’000 km (le compteur s’est arrêté, mais inch’allah elle va encore bien …).


Après concertation avec notre chauffeur/guide, nous nous attablons sur une terrasse d’un restaurant proposant des grillades. Le principe est d’aller acheter sa viande chez un boucher de la place puis de la faire préparer par le cuisinier du restaurant. Dans notre cas, c’est le serveur qui se charge de nous acheter un mix de viande. Ce délicieux repas se consomme de manière traditionnelle, à savoir avec la main droite et un peu de pain siouplé.dsc02548dsc02545a-copie dsc02584-copieUne fois rassasiés, nous partons à pied pour faire un tour dans les souks non loin de là.
Après quelques achats « souvenirs » et la visite d’une pâtisserie traditionnelle (la plus réputée dans son genre), nous reprenons la route pour la grande mosquée de Casablanca.dsc02627a-copie

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Il fait bien le reconnaître: la nature fut bien inspirée lorsqu’elle créa la côte sud de l’Espagne. Plages à perte de vue, et les mêmes charmantes collinettes qu’hier. Les oliviers sont bien alignés, car l’homme est intervenu. Hélas.

Car il faut bien le reconnaître: l’homme fut mal inspiré lorsqu’il saccagea la côte sud de l’Espagne. Buildings aliénants à perte de vue, dont certains dépassent même notre altitude de vol.

Soyons positifs: à défaut d’être une réussite architecturale, cette œuvre fricogène se révèle extrêmement… comment dire? Impressionnante.

Atterrissage les uns après les autres à Almeria, pique-nique sous l’aile de l’avion, et attente un rien longuette dans l’interminable de l’aéroport. Ces messieurs les écrase-tampons prennent leur temps pour leur tâche ô combien indispensable à l’Humanité. Dépêchez-vous, parasites: notre plage horaire ne s’étend pas à perte de vue.

Benidorm

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Décollage de Toulouse Francazal à la hauteur des faucheurs de marguerites, pour ne pas entrer dans la zone controlée de l’aéroport international de Toulouse Blagnac. Sur notre droite, les Pyrénées. Rien à voir avec de mauvaises retraitées. Pourtant, ces montagnes portent de charmants chaperons de dentelle blanche. Nous prenons de l’altitude sans Lézigner, jouons à saute-mouton, et découvrons l’Espagne méridionale: abruptes collines, plaines colorées, plages consternées d’hôtels hyperboliques ou quasiment nues, salines, alignements d’oliviers et d’éoliennes. Pleins les yeux!

Une fois posés à Castellon, nous abreuvons les humains et les machines. Et hop! Un petit saut à la plage, et une baignade délicieuse et relaxante, suivie d’un apéro mojitos et gin tonic sur le port. 

Au retour à l’hôtel, nous croisons une stèle qui nous assure que nous enjambons (y croûtons) le méridien de Greenwich. 

Mauvaise nouvelle pour 5 équipages d’ULM qui ne vont pas avoir le droit de survoler l’Espagne (donc bloqués en France) à cause d’une décision de fonctionnaire espagnol ….

Pour le reste quelques changements de route en vue pour des questions de météo mais cela se présente bien!

On attend le show aérien de la patrouille de France spécialement pour nous ce matin avant notre départ de 11h.

… même si notre première étape est Toulouse. Toulouse, capitale des bus de l’air. Toulouse, point de départ des lignes Latécoère en 1918. Toulouse, première étape de notre Raid en 2016. Notre premier vol en provenance de Lausanne fut serein et varié, des collines verdoyantes du Jura et du Massif Central au plateau quasiment désertique de Mendes, jusqu’à notre destination beaucoup plus habitée. Accueil sympathique et bon enfant de la part des organisateurs, puis soirée officielle et néanmoins dînatoire. 

Et demain: Castellon! Viva Espagna! 

Première journée chargée et fatigante mais prometteuse de beaux moments à venir.

D’abord un beau vol de 500 km entre Lausanne et Toulouse via Annemasse



Puis des briefings


Le parrain de notre avion, M. Gérard Emler


Miss France Aéronautique nous rend visite. Quel honneur!



Ah non c’est sa 5eme Dauphine…
Et quelques photos d’ambiance


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Et pour finir le dépôt des plans de vol!


Précipitation et soucis de dernière minute. 

Merci à David qui a passé son après-midi à l’ambassade du Sénégal pour obtenir les visas dont nous croyions ne pas avoir besoin. Merci à ladite ambassade de nous les avoir délivrés aussi rapidement. 

6h30 sur le tarmac, un mécanicien matinal recherche le problème de radio identifié hier. Tout sera prêt.


La météo est bonne, nous sommes prêts!

Pour nous suivre en live à partir de Toulouse, c’est ici: http://live.owaka.fr/83-raid-latecoere-2016